Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 12:38
Spécial artiste à la con : Conscience, révolte, certitudes et changements

2 Conscience, révolte, certitudes et changement

 

A/ Changer de vision

 

Mais tout n'est pas aussi figé qu'on veut bien nous le faire croire, il existe d'autres visions, d'autres horizons par delà les murs que l'on a dressé devant nous, que nous avons contribué à construire.

 

L'hologramme :

La lumière se reflète toujours, elle ne passe pas à travers. Un objet illuminé dirige la lumière qui illumine ailleurs.
Je vois un enfant qui boit de l'eau. Je me déplace et je vois un visage gonflé, je me déplace encore et je vois un chamallow fondu. Je pars et je ne vois plus rien qu'un cadre vide.
Quelle est la différence ?
C'est moi, je me suis déplacé, j'ai changé de point de vue, l'avis de mon œil, l'interprétation de mon cerveau ne sont plus les mêmes.
En 7 secondes d'enregistrement, on a transformé un enfant en chamallow, un cadre vide en visage gonflé...
Puis je vois un moteur qui flotte dans l'air et c'est impossible qu'il soit là. Mais il est là quand même. Je le vois parce que je veux bien l'y voir là, même s'il ne devrait pas s'y trouver dans la réalité. Dans ma réalité, il y est, puisque je l'y vois.


Mais où est la vérité ?
Le faux, la vraisemblance sont des notions autant subjectives qu'il y a d'être humain sur terre. Si l'on croit une chose vraie, c'est souvent qu'elle a été établie par une norme dominante. Cette norme a été, ensuite, admise par une masse, la prenant pour une vérité sans la remettre en question. Cela ne vaut pas mieux que le point de vue d'un ermite en retraite qui est le seul à penser comme lui.
Et même en soi, avec un seul œil, on n'évalue pas les distances, les dimensions réelles, on n'a pas de recul sur les choses.
Avec tout son regard, avec tous les regards, on voit mieux. Encore faut-il le vouloir...

 

On regarde alors..C'est bien, voyons, voyez, regardons nous et regardons autour. Interprétons le tout avec notre tête, nos pensées et non celles de quelqu'un d'autre...Celle d'une majorité silencieuse, dont le silence est si pesant, qu'il empêche tout autre bruit de s'exprimer. Une prison aux murs imaginaires, mais en même temps bien réelle puisque dans nos pensées.

 

Les évadés :

Je voudrais m'évader de moi même
exécuter de sang froid mes fantasmes de fuite
prison à vie de mon cerveau qui voudrait s'extirper de son crâne
perpétuité d'enfermement en construisant soi même ses murs
derrière les barreaux, mon espoir et moi qui les fixe au plancher.


j'aime à ne jamais trop savoir que c'est moi qui me suis enfermé
faites moi sortir que j'y retournerai, comme chacun retrouvera sa place
et voudra m'y foutre à la mienne, comme eux savent rester à la leur.

A critiquer la place des cellules de chacun, j'oubliais que j'écrivais de la mienne
et ça n'est qu'en en prenant conscience que l'on peut s'en sortir
que l'on prend conscience de quoi l'on veut s'extirper
car pour s'évader d'une prison, il faut d'abord savoir où l'on est
et pourquoi on a soi même contribué à y être, sans même s'en rendre compte
les évadés ne le deviennent que s'ils comprennent qu'ils doivent se connaître,
au moins, un peu mieux, pour savoir où ils veulent aller.
L'évasion ne sert que si elle va quelque part
la fuite en avant ne sert qu'à se construire une autre prison.

 

L'évasion d'un monde préconçu sans que l'on ai vraiment la possibilité d'en être acteur, n'est pas un but en soi. L'évasion n'est qu'une volonté de changement géographique, une aspiration vers le changement. Les évasions ne sont possibles que si l'on a un peu réfléchi avant à ce que l'on voulait, à qui ont était, à ce qu'on voudrait devenir... Sinon, si pas tout ça ou au moins un début de tout ça, elles ne restent que vaines tentatives d'évasion. L'évasion a un but, la libération.

 

Les libérés :

 

C'est parfois en essayant de nouvelles choses, en faisant de nouvelles expériences que l'on peut s'ouvrir l'esprit. Mais il faut avoir la force d'accepter la nouveauté et l'envie d'aller vers elle. Avoir la force de se sortir de son enfermement, ça vient toujours de soi et par la même, ça vient aussi des autres, de ce qu'il y a autour. Parfois, il arrive d'avoir la chance que ce qu'il y a autour de nous, nous inspire, nous donne envie de nous sortir de nous même, d'essayer autre chose...L'espoir peut rendre fou, mais l'enfermement peut rendre con. On peut choisir l'espoir quand on a la force de faire ce choix. Une fois les choses admises, ça peut ne plus être un choix mais une évidence. Si cela arrive, on se trouve libéré du poids de pas mal de frustrations, d'angoisses, de besoin de se complaire dans un monde insipide, croyant se protéger alors que l'on s'enterre. Alors on s'ouvre encore plus, on se libère encore plus et tout ce poids en moins, libère une multitude de possibilités. Celles-ci nous permettent de faire une multitude de nouvelles choses plus chouettes et de rendre notre vie vachement plus sympa à vivre.

 

Pour éviter que l'on s'évade, on nous crée des évasions de toute pièce, des évasions aussi imaginaires que les murs de la normalité dominante. Des illusions à nos yeux et nous les voyons comme vraies, rationnelles, alors qu'elles ne sont qu'absurdes manipulations mentales. A force d'habitude, elles nous rassurent et créent une angoisse de s'en séparer. Pourtant, la libération des esprits passe par là, sans cela, seule les évasions imaginaires subsistent. Alors il faut se préparer à être nu devant un monde nouveau, à grelotter et à se sentir vulnérables, loin de l'abri de nos prisons d'esclaves du système.

 

Dans un monde privé d'illusions et de lumières, l'homme se sent soudain un étranger :

Les illusions et la lumière, ça va bien ensemble...Des illusions qui nous font voire des choses qui ne devraient pas exister, mais qui existent au moins dans notre tête, puisqu'on les voit. Parle t-on ici des hallucinations que l'on provoque, des rêves que l'on prend pour des réalités, pensant qu'on puisse les vivre alors qu'il n'en est rien ?

Il en existe dans ce monde, des prestidigitateurs, des montreurs de rêves...On s'assoit, on regarde le spectacle, passif et cela peut être beau, agréable. Mais quand le spectacle est finit, on ne le sait pas et l'on reste assis dans une pièce noire, à ne plus savoir quoi foutre pour revoir ce spectacle, qui parfois ne revient plus. Dans les illusions du quotidien, éblouit pas une lumière qui nous empêche de voire au loin, il est aisé d'imaginer des murs construits pour que l’on n’aille pas au delà. Alors on s'y complaît.

Enlevons cette lumière, enlevons ces illusions et de fait les murs ne seront plus là, ils n'existeront plus. On aura alors retiré le voile qui nous faisait croire à leur existence irrémédiable. Mais que reste t-il alors ?

Un monde inconnu ou l'on ne reconnaît plus rien. On s'était tant habitué à ne voire que ce que l'on connaissait, à ne manger que ce qui arrivait tout seul à notre bouche et là, plus rien de tout ça. Quelle situation angoissante ! Nous ne sommes plus chez nous !...Mais l'étions nous vraiment avant ? Vivant dans une sorte de location d'illusions et de lumières ?

Et puis la conscience revient, plus d'illusion, plus de lumière, juste une étendue ou l'on voit l'horizon. Horizon ? Un décor dont on ne voit pas la fin, la finalité, dont on ne sait se servir...On ne connaît pas sa fonction...En a t-il une ?

On ne sait pas, on ne sait plus rien, on ne peut plus se cacher derrière des préjugés, on est plus à l'abri du vent. On veut s'enfuir mais on ne peut pas, tout est inconnu. Tout est mystère à découvrir, mais on ne saura jamais tout...Pas un mystère de pacotille qui ne sert qu'à la manipulation, comme dans l'autre monde, le monde normé d'illusions et de lumières...Un mystère qui n'en ai pas un, un mystère qui n'est mystère seulement parce que l'on vient de naître et que l'on ne connaît rien de ce monde là, le monde de la conscience, futur du monde absurde ou l'on vivait avant...L'homme est ici un étranger entouré de mystères. L'homme est ici un aventurier qui apprendra à le devenir parce qu'il n'aura pas le choix. Et il découvrira les alentours, se découvrira lui même, mais jamais complètement.

En réalité, malgré ce que l'on veut nous faire croire, être un étranger est la plus belle des situations, parce que l'on voit un peu plus ce que l'on est en réalité...Alors que la plus part des autres l'ignorent. Nous sommes tous des étrangers sans le savoir. Nous sommes étrangers à nous même et aux autres...Nous jouons la comédie en faisant les vieux de la vieille, mais nous ne nous connaissons pas, nous ne vous connaissons pas ! Si l'on se rencontrait, si l'on vous rencontrait, si l'on se rendait compte d'ou nous sommes en réalité, que ferions-nous ? Que feriez-vous ?

 

B/ Vers la révolte !

 

Changer sa vision des choses, changer d'état d'esprit est une étape de prise de conscience. Avoir conscience qu'un changement serait salutaire est le point de départ vers l'engagement de l'esclave contre sa situation, pour acquérir une situation plus digne, en meilleure conformité avec son être. De l'engagement naît la révolte, mais avant cela, il faut voir cette révolte comme une nécessité évidente. Ainsi, on ne peut plus se réduire à vivre sous un ancien statut, que notre esprit dépasse à partir du moment ou  il l'appréhende pour ce qu'il est, de l'exploitation pure et simple, de l'esclavagisme... Comme si on pouvait nous cultiver à la manière de fleurs dans un pot...

 

Vie de merde :  

Quand on a une vie de merde, on a toujours peur d'en sortir. On aime ses habitudes, ses frustrations, ses angoisses, ses ennuis quotidiens de merde et comme on a que ça, on ne veut surtout pas s'en séparer, de peur que le vide intersidéral en prenne la place...

Alors on s'attache à cela, puisqu'il n'y a rien d'autre auquel on puisse s'attacher, du moins, c'est ce que l'on croit...

On s'attache et l'on s'emprisonne, on se trouve pieds et poings liés à un espèce d'arbre pourri, rongé par les moisissures du passé. On pourrait s'en détacher nous même, si on en avait l'idée...Des petits lutins de la forêt, juste de passage, pourraient également nous y aider. Hélas, sans l'assentiment du prisonnier, tenter de le libérer de ses chaînes est illusoire, puisqu'il viendrait de lui même renouer ses liens. Il faut avant tout se libérer dans sa tête, pour ensuite se libérer autrement.

Alors, on vit peut-être toujours avec le poids du passé... Encore faut-il que celui-ci ne maintienne pas attaché indéfiniment à une position immobile. Peut-être vaut-il mieux s'attacher à quelques branches que l'on puisse transporter, qu'à un arbre dont on ne peut soulever le poids, qui nous enterre dans ses racines. Il s'agira alors de marcher avec le poids du passé, tantôt se le traînant, tantôt nous servant de point d'équilibre, mais marcher avec un poids qui nous permette d'avancer vers l'avenir.

Le passé est là, mais il doit être pris pour ce qu'il est, une chose passée, sinon c'est le présent, voire le futur. Faire de son passé un futur, c'est bien naz à mon avis, c'est un peu tourner en boucle...Reproduire indéfiniment le passé signifie tirer les leçons de rien, tout refaire sans jamais ne rien retenir. Le résultat de tout cela est qu'on reste toujours aussi con qu'on l'a été, sans jamais avoir l'espoir d'une moindre amélioration de sa connerie. Adieu donc l'enrichissement personnel grâce à l'expérience de vie que l'on se fait...Une vie de merde de poisson rouge dans un bocal...

 

Vie de merde guidée par les peurs qu'on nous octroient, afin que l'on ose pas trop sortir du monde merveilleux que notre belle société a construit pour nous. La prise de conscience d'un certain changement nécessaire à son épanouissement personnel pour le moins, a un épanouissement collectif pour le mieux, passe par une prise de conscience de la réalité de ce qu'on fait, de ce qu'on est. Tout est fait en ce monde pour que cette prise de conscience ne se fasse pas et c'est bien légitime de la part de ceux qui tirent les ficelles. La peur du changement est un outil fondamental pour cela.

La France à peur !

Vivons notre belle vie comme elle se doit ou comme d'autres voudraient qu'elle soit rangée, bien dans les clous, bien ordonnée, dans la froideur du surgelé bien entendu, bien attendu, bien emmerdant...Protégeons nous de belles cloisons, comme nous le dit la petite fée que tu suivi un jour pour ne jamais plus la quitter, guidé durant au moins 35h par semaines ajoutées de tout ce qui peut te rester en télé, facebook et autres subterfuges alzheimerisant l'insipide. Viens avec moi contempler la peur des autres, car l'autre est inconnu ou pas assez. Protégeons nous en comme de la peste, sait-on jamais qu'il nous donne une chance de sortir de la matrice.

  Tourne en rond lutin besogneux, dresse des barrières entre toi et ce monde inconnu que tu ne voudrais pas voir de loin, évitant les frustrations de l'envie que cela puisse provoquer. Peuple individualiste puisque cela en arrange certains et en rassure d'autres, ne voit pas plus loin que là ou l'on te mène, fuit l'original pour t'enfermer vers la peur de ce que l'on ne peut pas contrôler. L'improvisation ne sera pas tienne, les lignes droites sont déjà tracées et les chemins sombres fermés des défections que tu a bien voulu y mettre pour en boucher l'entrée. Peuple angoissé, continue à chercher tes boucs émissaires, accuse le monde des alentours et oublie ta propre connerie standardisée, cultivée comme on cultive les valeurs du travail, de la hiérarchie, du patriotisme, de la délation, de la jalousie maladive et de l'ambition destructrice du fou qui le sera moins que toi. Continue d'avoir peur encouragé que tu es dans ce chemin là et tu sera exonéré de tout ce qui donne à la vie la peine d'être vécu.

  Bien arrogant que je suis à me permettre de jouer dans le rôle du donneur de leçon, dépourvu de la légitimité sociale à en donner, dépourvu de l'envie de convaincre quiconque de quelque chose qui ne mérite certainement pas que l'on en soit convaincu. Cette peur de tout ce que l'on ne connais pas pour se protéger de quelque chose qui pourrait éventuellement être mauvais pour nous, nous enferme dans un monde ou l'on va à coups sure faire de la merde. Et l'on privilégie la certitude à la vie, le contrôle à l'envie. Mais ces certitudes ne sont qu'illusion et le contrôle que l'on croit avoir acquis sur son environnement est un mensonge que l'on s'évertue à croire. Rien n'est certain, tout est douteux mais ces deux sentiments existent alors pourquoi se priver de l'un de deux. Même pour choisir un chemin biscornu on a besoin de prendre une décision...Mais marcher droit sans douter, trop croire que l'on sait où l'on va, peut faire avancer plus vite mais également nous stopper tout aussi radicalement dans le gouffre de la stupidité.

  Un peu de modération que diable ! Une bonne tambouille est meilleure lorsque l'on sait doser ses ingrédients, un peu de si, un peu de ça... Un chili composé que de haricot n'est pas un chili bordel ! La peur rend con, mais si la peur existe, c'est bien qu'elle doit servir à quelque chose, il s'agit peut-être de ne pas trop en abuser..

 

L'esprit révolutionnaire :


D'un coup, je me suis retrouvé seul. Une belle journée que ce mercredi, de bonnes choses me sont arrivées et m'ont rendu de bonne humeur. Des détails du quotidien ne m'occupaient pas l'esprit à ce moment là, un silence de plomb, presque bizarre au début, régnait ici...

Et puis, la réflexion me vint naturellement, pas une réflexion en fait, un sentiment, une émotion, chose avec lesquelles je suis mal à la l'aise. Mais là, j'avais l'esprit ouvert et l'esprit ouvert, on devient plus facilement conscient, on prend du recul sur soi, sur ses inconsciences passées... J'avais laissé ma conscience en sommeil longtemps, ces sentiments au repos, enfermés dans un placard...

D'un coup, sans que je ne m'y attende vraiment, j'ai pris conscience que le cloisonnement représenté par la connerie du quotidien absurde, empêche de voire l'essentiel. Cette absurdité met ses murs et ses portes de placard, bien convenantes, bien faciles à fermer, entre l'essentiel et nous.

C'est sûr que de se prendre d'un coup dans la gueule nos portes illusoires, ça fait mal, un mal pour un bien peut-être, dans le plus pur esprit sado masochiste...Cette évidence m'a fait penser à ça, parce qu'en me voyant sans toutes ces portes, je l'ai vu. Il était là, même avec les portes, il étais là, mais je n'en avais pas conscience.

 Je pourrais lui balancer tous les pots de peinture que je veux, changer la couleur du ciel ou continuer à construire des prisons, il sera là quand même, en tout cas, c'est l'impression que j'ai eu à ce moment ou j'ai eu ce bref sentiment d'être sincère avec moi même. Ça n'est peut-être qu'une impression, peut-être que ça n'est pas une réalité, la réalité existe t-elle, d'ailleurs...? Cette impression est en tout cas ma réalité depuis que je l'ai appréhendée. Parfois, j'essaye de la cacher derrière l'absurdité de portes et de murs, mais ça revient toujours. L'impression est là, présente, je ne l'invente pas, ou bien je l'invente, dans tous les cas, elle est réelle.

C'était trop dur pour moi de quémander sans cesse son attention, comme si l'esprit révolutionnaire pouvait en avoir pour moi, comme si je pouvais espérer agir, par chance, tout en restant passif. Il n'est pas là pour combler des trous, compenser des névroses...J'ai donc pris de la distance, du recul, pour ne rien imposer, pour ne pas m'imposer et j'ai réfléchi au calme.
Aujourd'hui, je me suis rendu compte que même en comblant mes trous sans lui, même en allant bien, il reste là.

Il aura été une partie de ma vie, il le sera certainement toujours, la vie n'est pas un rêve mais le rêve fait partie de la vie et moi, j'aime rêver...Voilà peut-être comment l'esprit révolutionnaire m'est venu !

Du rêve à la réalité, il y a les personnes qui agissent, à commencer par agir sur elles, pour mieux agir ailleurs. Lorsque la révolte devient plus naturelle à ses yeux que le conformisme confortable des habitudes lascives et passives des dominés soumis, elle va de soi et ne peut plus ne pas être. Elle devient une fatalité, tout comme l'a été notre croyance en la seule fatalité d'une société qui nous exploitait, avant cette prise de conscience.


L'homme révolté :

Un homme révolté est un homme qui dit non, qui refuse, mais qui ne renonce pas. Un homme qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Il a su reconnaître la manipulation qui a fait qu'il ne s'est pas révolté plus tôt et veut s'en protéger en luttant contre elle. On s'affirme, on affirme que les choses ont trop duré, qu'elles sont allés trop loin. On affirme une limite à ne pas dépasser, on affirme qu'elle à été franchie, qu'il y a eu intrusion, effraction en nous. Nous ne le supportons plus, ne le voulons plus après cette goutte d'eau qui a fait débordé le vase des rancœurs passées.

L'autre, celui contre lequel on se révolte, a étendu son droit, franchissant une frontière au delà de laquelle, un autre droit lui fait face et le limite, d'où l'expression, "la liberté s'arrête là ou commence celle de l'autre". Il a utilisé le pouvoir, le rapport de force, tout le temps, avec tous, c'est un mode de fonctionnement systématique, qui rassure l'autre, le dominant contre qui on se révolte soudain. Cet autre a utilisé la séduction, un charisme lui conférant une certaine autorité, en développant des comportements servant à obtenir ce qu'il veut de nous. Mais il joue un rôle et il a été démasqué par l'homme révolté. Il a utilisé la domination, se sentait fort, humiliait, dévalorisait constamment, jusqu'à ce que cela devienne normal, banal pour lui, se sentant au dessus de manière évidente, avant que l'homme "du dessous" ne se révolte. Mais ceux qui provoquent la manipulation sont paradoxalement, eux même dominés par leurs propres désirs narcissiques.

Les armes pour dominer et exercer la manipulation sont la culpabilisation, s'appuyant sur les failles des manipulés, frappant où ça fait mal. La culpabilisation fait jouer tantôt peurs, remords, caractéristiques personnelles...La souffrance est un moyen de reconnaître cela, d'alerter la personne manipulée. Quand vous côtoyez quelqu'un ou une société, un système et que vous êtes constamment mal à l'aise, en position de souffrance, c'est que la personne ou le système vous manipule, se joue de vous. Prendre conscience de cette absurdité, qui fait que nous obéissons, est s'engager contre cet état de fait, est se révolter. 


Une autre arme de ceux qui manipulent consiste en le refus d'endosser leurs responsabilités. Ils sont flous dans leurs engagements pour reporter leurs responsabilités sur les autres. Par ailleurs, ils n'ont aucun mal à s'approprier les succès des autres. En résumé, ils mentent comme des arracheurs de dents, qu'ils soient individus ou système. Ils vous mentent et s'en rendre compte amène à la révolte, le savoir et ne rien faire est absurde ou lâche.
Les manipulateurs utilisent la communication pervertie, ils ne sont jamais clair dans celle-ci. Cet entretien de la confusion permet de toujours revenir sur ce que l'on a dit, sur ce que l'on a fait, quoi qu'il se passe.

Le résultat de tout ceci, est que les manipulateurs, système ou personnes, entretiennent en permanence, le doute dans leur entourage. On en finit par douter de ce que l'on fait, si on ne se rend pas compte de cette manipulation mentale. ("si, si, je te l'avais dit..." ou bien "je ne t'avais jamais dit ça"...Le discours flou facilite cela, ça marche très bien avec les politiciens...).
Autre résultat, la souffrance générée dans l'entourage des manipulateurs, système ou personnes, par l'utilisation d'un ensemble d'actes dévalorisants pour les manipulés.

Les manipulateurs, personnes ou système, lorsqu'ils agissent en permanence de cette manière, sont victime d'une pathologie. Ces personnes, celles qui correspondent à ces critères dans votre entourage, sont malades et le système dans lequel nous vivons, est tout autant malade. Le pire, c'est que si l'on vit dans un système manipulateur, il donne l'exemple et beaucoup de personnes seront amenées à se comporter comme le système l'indique, c'est à dire comme des connards.

L'homme révolté a le sentiment d'avoir raison, que cette raison vaut la peine qu'on se batte pour elle, face à l'autre qui opprime, s'oppose au droit de ne pas être opprimé. Aujourd'hui, l'oppression passe par la manipulation, pour lutter contre l'oppression, il faut se défaire de notre manipulation. Quand on se tait, on laisse croire que l'on ne juge rien, que l'on ne désire rien. Quand on se tait, on n’est plus soucieux de son intérêt immédiat que de son droit, issu des valeurs de l'homme révolté. Avec l'impatience commence un mouvement s'étendant à ce que la patience pouvait accepter et c'est là qu'on dit "ÇA SUFFIT !"

On rejette alors les actes humiliants, sa condition d'esclave. On passe d'une simple résistance à l'homme, dans son entier, qui s'identifie à la révolte. Il place alors son respect de façon préalable à tout, même à sa vie. C'est tout ou rien. On est capable de se sacrifier  au bénéfice d'un bien qui va au delà de sa propre destiné. La révolte déborde de l'individu, le tire de sa solitude et lui fournit une raison d'agir.

Mais la révolte n'est pas tout, ça n'est qu'un moyen de se détacher d'un système qui opprime. Placer de nouvelles certitudes à la place d'une ancienne n'est qu'une fuite en avant, une fausse évasion. La réflexion et la remise en cause de soi et de ce qui nous entoure, dans tous les domaines, fussent-ils les domaines artistiques et culturels, est essentielle.

 

 C/ Faut-il être si sûr de soi ?

 

Mais je ne vais pas faire une révolution à moi tout seul. Je peux faire ce que je peux, avec mes maigres moyens, pour proposer un peu de prise de conscience, mais chacun devra faire son cheminement personnel à sa manière, tout comme je fais le mien à la mienne. Peut-être ai-je tort de faire ce que je fais, peut-être ai-je raison, peut-être que je m'y prends mal, ou peut-être que la vérité en la matière n'existe pas et que je suis un gros con. Finalement on ne sait rien de rien, ou au mieux pas grand chose et moi pas plus qu'un autre. Disons que je partage, que je diffuse ce que je pense, ici de l'art, de la merde, ailleurs d'autres choses. Je ne suis pas sûr de moi, pas sûr de ce que je fais...Disons que je le fais parce que j'en ai envie, besoin...Les gens sûr d'eux, ceux qui croient tout savoir sur tout, m'emmerdent.

 

L'exactitude subjective :

 

  J'énerve certainement des gens à trop me montrer affirmatif sur des choses inexactes, dont personne ne connaît l'exactitude et s'il existe des gens qui la connaisse, c'est moi qui ne les connait pas, bref, c'est compliqué...D'autres peuvent m'énerver et paraître prétentieux à mes yeux, lorsqu'ils s'avèrent affirmatifs et sûrs d'eux, par rapport à quelque chose que j'appréhende comme leur étant étranger. La vie est faite d'énervement, de personnes qui s'affirment, qui affirment et souvent se trompent. Parfois, lorsque l'on soutien une opinion, il vaut mieux y mettre les formes, pour ne pas faire subir au fond de son discours, l'exaspération que l'on provoque à trop affirmer sa certitude...Personne ne sait jamais vraiment et croire que l'on sait, est se tromper (une affirmation ! ). Cependant on a le droit d'avoir des avis, des hypothèses, des expériences. On a le droit de défendre son opinion en fonction de ce que son histoire de vie, sa culture, son éducation, sa condition sociale, additionnés à tout un tas de petits facteurs tout personnel comme le fait d'avoir une gastro à ce moment là, nous ont amené à croire comme vrai.

  On peut défendre son opinion, en y mettant les formes, tout en étant clair, car le flou énerve aussi. Le flou est l’attribut des manipulateurs conscients ou inconscients, la fuite est l’attribut des lâches. La sincérité et la franchise sont donc de très bonnes armes pour lutter contre les manipulations diverses, mais elles doivent être utilisées avec tact pour ne pas être contre productives...Il convient alors de choisir et peser soigneusement ses sujets et ses théories, afin que si on les affirme, ils vaillent la peine que l'on s'y trompe. Tout ceci nous fait naviguer entre le doute et la certitude. Je crois en la véracité d'une de mes thèses, mais si ça se trouve, je me plante complètement, quelqu'un me le fera comprendre et je m'en sortirai alors moins con, mon but ultime...

  Il m'est souvent arrivé d'affirmer des choses sans y mettre les formes et que le message que je diffuse en soit pollué. Je tenterai de progresser en la matière, car mon but est avant tout de diffuser des messages alternatifs à la norme sociétale (et diffuser ne veut pas dire vouloir convaincre !). Bien qu'il soit parfois nécessaire d’énerver pour faire réagir et sortir les esprits d'une certaine passivité scandaleuse, il peut aussi être nécessaire de faire l'effort de comprendre les avis divergents et de déclamer les siens, de manière à montrer ses propres doutes et imperfections...Tout ça histoire de ne pas se discréditer tout seul en passant pour un gros péteux...

 

La certitude et le doute semblent comme deux courants contraires au milieu d'une rivière de connerie sur laquelle on voyage. Même si j'aime beaucoup la merde et que je lui voue une admiration sans pareil, j'espère quand même ne pas faire que ça.. Alors je me questionne, je questionne aussi, sachant que des tas de gens en savent bien plus que moi sur tels ou tels sujets. On chope sa matière première à droite, à gauche et on la met dans notre four qui nous sert de cervelle. Après on voit bien ce que ça donne, c'est parfois de la merde, parfois autre chose...Quoi qu'il en soit, c'est nous qui l'avons fait, on n’a pas été le piquer dans le four d'un autre, en passant par la fenêtre entrebâillée de sa cave, sauf éventuellement en cas de crise de somnambulisme, mais ça, c'est encore autre chose...

 

La certitude et le doute :

J'aime bien prendre la posture du mec qui n'y connait rien, qui est naïf, candide sur un sujet, pour me donner la possibilité de l'explorer avec des yeux nouveaux, en repartant du début, de ma rencontre avec lui, comme si je ne l'avais pas côtoyé au par avant. Évidemment, j'ai déjà eu écho de la plupart de ces sujets, au moins un peu et je m'en suis souvent fait une opinion, partielle, lointaine et même plus précise parfois. Mais lorsque j'aborde ces mêmes sujets avec de nouvelles personnes, des personnes avec qui je ne les ai jamais évoqué, ou bien même avec qui je les ai évoqué il y a fort longtemps, au point que je ne me souviens pas vraiment de la discussion que nous avions eu à ce moment là, je me sens plus à l'aise dans le rôle du mec pour qui ce sujet est nouveau. Pas que je veuille absolument faire le faux cul, même si je le fais un peu quand même...L'intérêt serait plutôt d'être un tout petit peu modeste avec mes pseudos connaissances, mes pseudos expériences.

Le doute est salutaire, l'incertitude amène au questionnement et le questionnement éloigne souvent de la stupidité. Tout dépend du questionnement et de l'ouverture d'esprit que l'on peut avoir, à un moment donné, sur tel ou tel sujet. C'est sûr que certains vont bondir en me voyant écrire ce genre de truc, puisque nombre de mes articles, paraissent au premier abord, comme des tentatives de donner des leçons aux autres, tentatives brouillonnes et peu documentées, qui plus est. Mais voilà, ces impressions relèvent en réalité, selon ma réalité personnelle, plus de la forme que du fond de mes écrits. A trop manier l'exagération volontaire, le remuage de merde pour que son odeur fasse réagir et sorte qui côtoie mes mots et mes maux, d'une certaine torpeur, il s'avère probable que je donne ce genre d'impression. Celles-ci relèvent plus d'un dommage collatéral à ma volonté de faire chier le monde, que d'une réelle volonté de m'afficher comme un mec sûr de lui.

Je n'aime pas les gens sûrs d'eux, sûrs de leur fait, sûrs d'avoir raison sur tout. Sur l'ensemble de mon blog, je peux affirmer être certain d'être sûr rien. La seule chose dont je sois certain est que cela représente mon avis du moment, je peux me tromper et changer d'avis, je peux aussi ne pas changer d'avis ou je peux changer d'avis sur certaines choses et garder une pensée similaire sur d'autres. Rien n'est interdit, toutes les perspectives sont possibles tant qu'on s'ouvre le champ des possibles, de plus vastes horizons que ceux inhérents aux cloisonnements dans lesquelles une certaine société normative tente de nous enfermer.

Alors quand je parle de quelque chose, que je me lance dans un débat oral, je préfère commencer par me mettre dans la posture de celui qui n'y connaît rien et qui découvre, pour ensuite émettre mon avis, mon opinion personnelle et la confronter à celle des autres. Pour cela, l'insertion dans des débats spécialisés sur une question non maîtrisée parait opportune. C'est la meilleure façon d'apprendre, dans des domaines qui nous sont lointains, dont on ignore beaucoup. On écoute, on analyse et ensuite, on donne son avis, avis qui n'est en rien pollué par les débats anciens, par les influences historiques sur le sujet. Cela permet d'avoir un certain recul et parfois d'évoquer avec simplicité, des choses qui paraissent évidentes à des personnes qui n'ont pas forcément tout le temps le nez dans le guidon, sur le sujet débattu. Ça me rappelle un peu la guitare, quand je joue sans arrêt, tous les jours à tenter d'améliorer ma technique (en fait je crois que je ne l’ai jamais trop fais...), je finis par me lasser et tout ce travail contraignant n'a plus de réelle efficacité. Mais si je m'éloigne de l'instrument quelques jours et que j'y reviens, je l'aborde avec une envie nouvelle, un enthousiasme requinqué. Je prend alors plus de plaisir, je joue avec plus de légèreté et je m'ouvre l'esprit à des pratiques, à des modes opératoires nouveaux...Donc je progresse..Mais bon, on progresse aussi en travaillant sa technique, disons que j'ai du mal à me contraindre..

Autre domaine où j'ai du mal à me contraindre, la lecture. Putain, j'écris mais je ne lis jamais, ou très rarement et quand je le fais, c'est que des trucs courts. Le dernier livre qui m'a plu est "l'homme révolté de Camus"...Ben ça fait quatre mois que je me suis arrêté à la page 44. On me reproche souvent le fait de ne pas lire et on a souvent raison, mais il y a au moins un avantage à cela., le fait de ne pas avoir de culture littéraire, m'évitant toute influence littéraire dans ce que j'écris. Du coup, on n’aime pas forcément, surtout ceux qui lisent plein de bouquins et qui sont fans de syntaxe, de belles lettres et de style soutenu. Au final, cela a une certaine originalité, même si originalité ne rime pas forcément avec chose digne d'intérêt. 

Il y en a un qui n’est pas trop con sur le sujet, il s’appelle Socrate, vivait dans la Grèce antique et est considéré comme le père de la philosophie.

L’objet du discours de Socrate est semblable à celui des Sophistes, c’est-à-dire l’existence et le bonheur. Mais, ce qui intéresse davantage Socrate est la conduite humaine. Socrate s'attaque aux lieux communs véhiculés par la tradition, par la religion; il s'attaque également aux pratiques rhétoriques en vigueur au sein de la démocratie athénienne et qu'incarnent les sophistes, qui enseignent aux citoyens à bien parler, mais ne se préoccupent ni de la vérité de leur propos ni de sa portée morale. Car, Socrate ne sépare pas sa "morale rationnelle »dans la recherche du bien et de la vertu qui sont au centre de sa philosophie. Tel est le sens, nous dit Socrate, de l'oracle de Delphes: "Connais-toi toi-même". Celui qui s'engage fermement sur le chemin de l'universel et de la connaissance de soi sera nécessairement bon...
Toutefois, chacun doit en dernière instance découvrir la vérité par lui-même. Parce que la vérité ne peut jamais être entièrement donnée de l'extérieur.

L'enseignement de Socrate est avant tout critique, il est basé sur l’argumentation...
Bref, Socrate se penche sur le champ de conduite humaine, la connaissance de soi, les apparences. Le but du questionnement socratique est "de révéler l’être véritable derrière le paraître, d’introduire la réflexion dans le monde des opinions."

Bref résumé tiré du site : http://www.momes.net/dictionnaire/s/socrate.html

 

Au final, en ce qui concerne ma situation personnelle et temporaire que le sujet du doute et de la certitude, mes écrits semblent affirmatifs et de ce fait énervent. A l'oral, je prends une posture d'ignare et malgré le fait que je prenne la posture opposée de celle que je prends à l'écrit, j'énerve aussi...J'en conclus donc que je suis énervant, sachant qu'en plus, malgré ce que ce chapitre peut amener à croire, ces postures me sont venu très naturellement, sans aucunement avoir été pensé préalablement. Que de contradiction et mon exemple n'en est qu'un parmi tant d'autres. Chacun devra trouver le bon équilibre entre ses doutes et ses certitudes, tout en sachant qu'un équilibre parfait ne se trouve que dans un esprit trompé par lui même.

 

Comme nous le montre ce cher Socrate, oublier un peu ses références et réfléchir par soi-même, peut avoir du bon. Écouter les autres et apprendre de ce et de ceux que nous côtoyons est également nécessaire. Mais pour ce faire, il faut douter et ne jamais croire que l'on a la science infuse. La plus grande connaissance est de savoir que l'on ne sait que peu, mais que ce peu peut nous aider à en savoir plus.

 

 

D/ Briser les certitudes

 

Il y a un bon moyen de mettre en avant le fait que le doute est nécessaire, que le questionnement est salutaire...Il s'agit de tenter de démontrer l'absurdité de ses certitudes affirmées. Nous vivons dans un monde surchargé de certitudes, elles paraissent tellement certaines qu'on les a ordonné, érigé en avant plan, jusqu'à ce qu'il soit très difficile de ne pas se les approprier comme étant irréfutables. Et pourtant, voyez ou ces certitudes nous ont mené, ont mené le monde. Tant que l'on borne sa vision à cet ordonnancement, il s'avère impossible de voir que ces certitudes nous mènent à notre perte. Il faut donc aller au delà et pour aller au delà, il faut déranger, foutre le bordel, gicler les tiroirs de la commode, pour en voire le fond.

 

Semer le désordre permet de réfléchir :

Lignes droites et oblitérations ont tracés les sillons du chemin que l'on suit. Alors suivons et marchons dans les tranchés, les pieds s'enfonçant dans la boue, pour que l'on ne saute pas, que l'on soit bien inséré dans nos appuis terre à terre...Il ne faudrait pas croire que nous puissions voler. L'oiseau nous regarde et nous chie dessus, il a toute l'occasion de le faire, de nous viser. On se presse, mais on avance lentement, pour que l'on ne puisse pas nous perdre. On reste collé, scotché ici, comme sur du papier tue mouche...

Et puis du vent, une brise, puis deux et enfin un ouragan vient nous décoller et l'on part ailleurs. C'est le bordel, tout en désordre. Des tranchées écroulées, écroulées sur des corps sans vie et d'autres s'en sont sortis, ceux qui furent assez léger pour se faire porter par le vent, sans s'accrocher aux habitudes géographiques rases mottes du passé.

C'est le bordel, plus de lignes droites et des oblitérations qui semblent maintenant être devenu des trous béant, laissant paraître le vide intersidéral qu'elles ne laissaient présager. Alors l'horizon s'éclaircit, s'élargit, plus rien ne nous presse, ne nous oppresse, le vent a tout emporté. Alors on réfléchi, parce qu'avant, on en avait pas le temps. On réfléchi parce qu'on le peut, parce qu'on a plus le choix. Il n'y a plus rien qui nous guide maintenant et il va falloir s'en sortir par nous même. On ne peut plus compter sur un système, qu'il était bien commode de suivre et qui s'accommodait bien des ressources qu'il puisait de notre ancienne condition d'esclaves.

Semer le désordre permet de réfléchir, parce que l'ordre n'est en rien source d'inspiration. L'ordre est un outil, comme une pioche ou un marteau. Trop d'ordre tue l'envie, l'énergie source de vie. Trop d'ordre n'est pas honnête, c'est de la manipulation, car on ne peut pas tout ordonner, au point de nous faire croire que nous sommes condamnés à marcher pressés, les semelles collées à la boue des tranchées... 

 

Il a fallu que je prenne cette décision, prendre le parti de foutre le bordel plutôt que de me tirer vers un monde meilleur. Je me suis dit qu'il n'y a pas de monde meilleur, que celui qu'on peut rendre meilleur. Mais peut-être que je me trompe et que la stricte application de mes préceptes à ce monde le rendrait encore pire. On en sait rien et on ne saura jamais avant d'avoir essayé et comme il fort possible que l'on essaye jamais, il est fort probable qu'on en saura jamais rien.... J'ai envie d'imaginer que j'essaye, même si cette tentative se bornera certainement toujours à mon imagination. Mais je fais ce que je veux avec ce que j'ai dans la tête, alors si j'ai envie de penser à des troupeaux de singes qui pètent ou à une façon de changer le monde, personne ne peut m'en empêcher, même pas moi.

 

Des stries dans la purée :

Parfois, j'ai envie de vivre en ermite, d'aller faire des retraites à la con en forêt, pour écouter le chant des oiseaux et voire pisser les renards sur les fraises des bois. Je voudrais fuir ou la société ne m'atteindra pas, pourtant ça serait dans la fuite, qu'elle m'atteindrait le plus, puisque sans elle, je ne serais pas là, à traîner dans les bois, sans raisons apparentes. Alors je crois qu'ermite, c'est pas mon truc, moine non plus. Je ne suis pas un ascète, je ne suis pas un saint homme. Je suis un connard, comme tout le monde, sauf que j'essaye de me soigner, ce qui me distingue quelque peu des autres connards.

Ma place n'est pas dans la fuite, ma place n'est pas en forêt, dans le désert ou au fin fond du cul d'une vache. Je vais rester ici et vivre dans cette purée bouillonnante de fourmis passives, qui se gavent de pommes de terres fades. Je resterais là, devant cette assiette morne, voyant les gens gavés de leurs rations quotidiennes, habituelles, banales, normées. Je les verrais célébrer la mousseline, comme s'ils ne pouvaient saliver que sur ce plat, puisqu'il n'en existerait pas d'autres. Des patates dans la boue, fixées, scotchées, elles ne tiendront plus jamais debout, du moins le pensent-elles, du moins les en a t-on persuadé. Disposées dans l'assiette en terre cuite séchée, on les recouvrira de la purée du reste de leurs collègues tuberculeux, qui n'auront pas eu autant de chance qu'eux.

Je suis là devant ce spectacle, tout comme vous, j'assiste à la scène du repas des humains qui se bouffent entre eux. Mais moi, je me suis fabriqué une fourchette subversive, une lame de conscience et voilà que je peux alors me mettre au travail. La purée est malléable et cela ne changera sûrement pas grand chose, mais tant pis, je me lance et je trace un chemin la dedans. J'en fais d'autres en ne respectant que les lignes droites issues de ma fourchette. Je fais des stries dans la purée, je fais des puits, des montagnes et des desseins imaginaires, parce que tel est mon plaisir, parce que ça me défoule et parce que j'ai l'espoir que d'autres fassent comme moi et foutent leur merde dans cette ennuyante assiette.

 

E/ Changer. Comment ?

   

J'aime à faire des stries dans la purée, ça se voit, c'est évident, mais ce qui peut paraître moins évident à certains, c'est que je n'aime pas forcément les faire que pour moi. Je décris un mécanisme qui s'est imposé à moi et qui s'est transcrit dans une sorte de démarche artistique à la con. Ce qui vaut pour moi, vaut pour les autres... Je ne suis pas doué d'un talent particulier ou d'un don surnaturel et quand bien même, je montre ce que je fais, au cas ou cela pourrait intéresser quelqu'un. Comme on dit, pour évoluer, changer, encore faut-il le vouloir et je comprends bien que l'on ai pas forcement envie de sortir d'une torpeur confortable, pour affirmer des idées et une posture mouvante, qui ne rendent pas forcément heureux et qui souvent font bien l'inverse.

 

Tout commence par une trop grande accumulation, la révélant au grand jour... Accumulation cachée au par avant derrière les parois d'un vase, jusqu'à ce qu'il déborde...

 

 

L'histoire d'une goutte d'eau :

 

C'est l'histoire d'une goutte d'eau, une goutte d'eau qui fit déborder le vase de nos inconsciences, une goutte d'eau révélatrice d'absurdité des dépendances imposées, une goutte d'eau qui se rajoutait à toutes les autres gouttes d'eau, que l'on a versé sur nous et qui nous ont empli de rancœurs.

  C'est l'histoire d'une goutte d'eau qui est venu apporter sa contribution pour remplir une flaque et d'autres gouttes d'eau arrivèrent pour que la flaque inonde les alentours et devienne un lac, qui génère des rivières et des fleuves, qui remplissent à leur tour les océans, qui débordent alors sur les terres, jusqu'à ce que tout soit enfin noyé et que notre Atlantide sinistre finisse sinistrement comme l'ancienne, dont on s'était fait une montagne de bons sentiments.

  Des gouttes d'eau tombent et c'est la pluie qui recouvre les gens qui se doraient au soleil. Maintenant ils sont trempés parce la nature leur pisse dessus, les vannes sont ouvertes et l'eau se déverse sur leur gueule pour les réveiller. C'est finit de dormir les amis, maintenant il faudra vous lever sinon vous allez attraper la mort !

  Les gouttes d'eau tombent au goutte à goutte, en devenant autre chose, elles s'accumulent, jusqu'à se voire plus que comme une petite goutte. Des gouttes ensemble, tombant au même endroit, pourraient faire l'effet d'un crachat à la gueule multiplié par cent, par mille, comme un tsunami de mollards qui viendraient s'abattre sur un système établit, l'ébranlant de nos viscosités accumulées, à trop garder nos glaires pour nous.

  Une goutte d'eau existe, elle n'arrive jamais seule...Ensemble, les gouttes font la pluie, les lacs et nous font vivre. Nous dépendons des gouttes d'eau et les gouttes d'eau peuvent tout changer, ne l'oublions pas...Mais une seule goutte d'eau qui change, ne change pas grand chose de plus qu'elle même...

 

Cette goutte d'eau n'est qu'un révélateur de ce qui était déjà là, en nous, mais dont nous n'avions pas conscience jusque là. Certains en ont conscience, j'ai pris le parti d'en avoir conscience pour moi même et de vouloir en faire prendre conscience ceux qui me liraient. Mission bien prétentieuse puisque je prend le risque de raconter des conneries aux gens lorsque je suis dans le faux. Mais que ce que je dise soit des conneries ou pas ,n'est pas la question, le but ici est de sortir et d'inciter à sortir d'une certaine passivité coupable. Pour faire quoi ? Pour faire ce que l'on pense bien, selon ses propres convictions et non les miennes. Je ne suis pas un guide spirituel, je suis juste un homme énervé par les gens qui se cachent. Alors je vous cherche...

 

  Je vous vois :

Alors ! On fait semblant de ne pas être là ?!
On voudrait se faire tout petit, se fondre dans la masse ?
Moi je vous vois, je vous ai vu !

ça fait un moment que j'observe votre petit manège
de soumis du système pensant former un tout avec vos semblables.

Vous ne trompez que vous, chers amis, vous ne trompez que vous !

Auriez vous cru qu'en mettant du lait dans vos céréales, on ne distinguerait plus les grains ?
Que se sont des grains uniques, qu'ils n'ont pas la même forme, la même proportion ?
Allez-y ! Rajoutez du miel, rendez le tout visqueux, on vous verra quand même
comme je vous vois, comme vous voyez que je vous voix. Ca vous énerve !
Moi aussi vous m'énervez comme la froideur de l'hiver, comme l'été déséché,
comme les choses évidentes, faciles d'accès, que l'on croit incontournables, irrémédiables...

Et si je disais que non ! Et si je disais que je vous donne le pouvoir, pour rien, comme ça
d'un coups, c'est vous qui décidez, que décidez-vous ?
J'attends. Vous décidez quoi bordel ! Décidez, Ou je décide pour vous !
Si vous ne prenez pas de décision, vous allez être dans la merde.
Vous voulez être dans la merde ? Vous aimez la merde ?
A force d'y être vous vous y êtes habitué, vous avez finis par aimer ça !

Vous êtes des scatophiles, des scatophiles uniformes.
Vous bouffez le même genre de merde, vous faites le même genre de merde,
vous êtes le même genre de grain de céréale, mais vous n'êtes pas les mêmes céréales !
Pourquoi faire la même merde alors ? Ça doit vous demander un effort !
Vous devez calculer pour calibrer vos merdes selon le modèle commun !
votre facilité en est-elle vraiment une ?...
Est-ce qu'on vous aurait pas couillonné ?

Quitte à vouloir vous agglutiner aux autres céréales à tout prix,
pourquoi ne pas essayer d'en faire quelque chose de bon.
Pas un gros truc informe et visqueux comme vous faites d'habitude,
quelque chose de bon, qui vous sublimerait, ou vous serez bien,
ou vous arrêterez de polluer votre bol,
quelque chose de bien, aussi bien que l'on puisse faire quand on est un  foutu grain de céréale...

 

Parfois, j'ai envie de remettre les choses dans un autre ordre que celui qui semble nous être imposé, un ordre qui serait le désordre. Un désordre ou l'absurde ne serait pas pris pour du rationnel et le rationnel pour de l'absurde. Un monde ou les utopies seraient des banalités et ou la confiance ne rimerait pas avec manipulation. Alors je fais ce que je fais, sans but précis, juste parce que ça me soulage, ça m'intéresse et ça me fait réfléchir...Là ou l'absurde est considéré comme un élément qui discrédite, j'en fais mon arme personnelle, après tout dépend de quel absurde on parle, le mien n'est peut-être pas le votre...

  L'absurde :

L'absurde ne mène nulle part
mais s'il existe, c'est bien qu'il sert à quelque chose
et s'il ne sert à rien, n'est-ce pas utile ? Une chose qui ne sert à rien ?
Une chose qui ne sert à rien n'aurait-elle pas droit de citer ? Mais elle servirait à qui, cette chose ?
A vous, à moi, est-ce que les mêmes choses servent aux mêmes gens ? Est-ce que les choses doivent être à notre service ?
Ne pourrait-elles pas se foutre de notre gueule ? Se moquer de nous ?

L'absurde dénonce l'utile, l'utilitarisme.
L'absurde ne sert à rien d'autre que ce qu'il est. Être différent de ce qui ne l'est pas,
créer un décalage, faire voire autre chose que ce que l'on propose habituellement, que l'on touche facilement, qui remplit les rayons.
Un vieux gâteau pourri coincé sous l'étalage, sa vénération, ça ne sert à rien, mais dans le fond, n'est-ce pas plus original de vénérer un vieux bout de gâteau pourri qu'on ne mangera pas, que la fée consommatrice qui nous fait nous gaver de choses insignifiantes, que l'on nous a fait croire comme utiles mais qui ne servent à rien au final ? Tout comme le vieux gâteau pourri...
Ce gâteau pourri se démarque et, de ce fait, parait plus intéressant que tout le reste, accessible, que l'on a pas besoin de chercher, que l'on mâche presque pour nous. L'absurde c'est le décalage entre notre connerie utilitariste concrète et une chose improbable qui au final à peut-être plus de sens.

 

Je suis GUSTAVSON artiste à la con, qui n'a pas la prétention de croire qu'il vaut mieux que les artistes à la con qu'il critique, artistes issus d'un monde à la con, véhiculant des valeurs à la con, dont ils se font les portes étendards culturels. Voilà ce que je fais et comment je travaille, cela changera sûrement avec le temps, pour l'instant, je fais ça, comme ça et ça me détend.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Gustavson 's Blog
  • Gustavson 's Blog
  • : Le Gustavson 's Blog, c'est la vision de Gustavson, auteur-compositeur, sur le monde qui nous entoure. Articles, chansons militanto graveleuses et bien plus encore voilà ce qui vous attend sur ce portail. Chaque jour des nouveautés et des impressions à chaud sur l'actualité de notre beau monde égalitariste... Revendicateur, contradicteur, héros de l'absurde ou simple curieux, soyez les bienvenus !
  • Contact

Recherche