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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 18:15
Revenons aux origines de la déchéance de nationalité. 

Une nationalité, selon le dictionnaire, c'est ceci : 

  • Appartenance juridique d'une personne à la population constitutive d'un État.
  • Groupement d'individus ayant même origine, ou tout au moins une histoire et des traditions communes.
  • État, condition d'un peuple constitué en corps de nation ; nation considérée dans sa vie propre et individuelle

La déchéance de la nationalité française est une procédure juridique qui permet de retirer la nationalité française à un national. Cette procédure est l'application particulière en droit français de la peine de déchéance de nationalité qui s'inscrit dans le droit de la nationalité.

La déchéance consiste donc au fait d'avoir appartenu à ses critères de nationalité et de s'en être fait exclure. 

Exclu par qui ? 

Par ceux qui ont le pouvoir d'exclure, ici, les gouvernants, représentants de l'état. Cet état édicte des règles, des lois, définissant de quelle manière, selon quels critères, on peut être titulaire, obtenir, ou être déchu de sa nationalité. 

 

Historiquement en France "La notion de déchéance de nationalité remonte à 1848". Suite à l'abolition de l'esclavage, un décret prévoit que toute personne continuant à avoir des esclaves sera déchue de la nationalité française. La notion revient ensuite lors des deux guerres mondiales, notamment en 1940 sous le régime de Vichy, 15 000 français avaient été déchus de leur nationalité, principalement des opposants politiques et des juifs. (source France 2 JT de 20h).

Alors voilà, on est français, on fait de grosses bêtises et on est déchu de ce titre. Cela fonctionne un peu selon les mêmes principes que la faute grave en entreprise. Qui commet une faute grave avérée est licencié (en général...). 

Le problème selon moi n'est pas tant la déchéance de nationalité, que le concept de nationalité en soi. 

Tout commence par l'arrivée de l'homme sur un territoire. Il n'y a personne dans le secteur, l'homme s'y sent bien, il y a de l'eau, des grottes, des arbres fruitiers, des animaux à chasser...Il décide donc que ce territoire est à lui, qu'il lui appartient (au grand dam des écureuils qui vivaient là, mais comme les écureuils, ils sont tout petits, ils ferment leur gueule !). Si un autre homme arrive, trouve l'endroit sympa et décide lui aussi, que ce territoire lui appartient, les deux concurrents, s'ils n'ont pas le sens du partage, se battront pour la conquête ou la préservation de leur territoire. Le plus fort aura le butin. De ce fait, l'appartenance de ce territoire est associé au pouvoir de son de détenteur, afin de le conquérir, ou de le préserver. Ainsi naquirent les concepts de propriété et en découlant directement, les guerres. Ensuite ses propriétés se sont héritées. Les enfants de ceux qui avaient le territoire, ont acquit le territoire de par leur naissance. 

La nationalité, c'est la propriété en plus grand, une sorte de suzeraineté d'un groupe de propriétaire sur un plus vaste territoire. On regroupe donc un ensemble de possesseurs de territoire, dans un plus grand ensemble qui serait une nation. Pour maintenir cette nation en place, là aussi, il faut un pouvoir. Un pouvoir plus grand que celui des propriétaires regroupés dans l'ensemble, mais aussi un pouvoir plus grand que celui d'éventuelles nations concurrentes, intéressées par la conquête de nouveaux territoires et de nouveaux groupements de personnes. Là encore, la nationalité s’hérite, ou s’acquièrt, tout comme la propriété. 

Aujourd'hui, époque dite et scandée comme rationnelle, ou l'homme se distingue nettement de l'animal et même du Cro-Magnon qui s'établit dans sa grotte, est-il vraiment opportun de se parer de ces notions de propriété et de nationalité qui paraissent quelque peu archaïques ?

Imaginons que l'on supprime les frontières étatiques et qu'il ne subsiste plus qu'une nation, la nation mondiale.

A qui profitent vraiment ces frontières, ces enclos ?

Les moutons peuvent avoir peur de se faire bouffer par les loups extérieurs et de se fait, se sentir bien à l'abri derrière leurs barrières protectrices. Il en va de même pour les bons citoyens occidentaux qui peuvent avoir peur de voir des hordes d'immigrés et de réfugiés se nourrir de leur pain de privilégiés à l'échelle mondiale, privilèges conservés à l'abri de leurs frontières nationales. Sauf qu'en y réfléchissant un peu, mondialisation de la nationalité va de pair avec harmonisation des droits juridiques des populations, comme le droit du travail, ou les droits sociaux. Mondialisation des nations va de pair avec abolition des guerres entre nations, bien que des guerres intestines, ou civiles peuvent subsister  (ainsi que la connerie générale, mais c'est un autre sujet...). La mondialisation, la globalisation, ça marche pour l'économie, cela peut tout aussi facilement fonctionner pour les gens. Il y en a évidemment, et je les entend d'ici, qui diront qu'ils veulent préserver la spécificité culturelle des nations et qu'une uniformisation politique mondiale créerait un monde tout aussi uniforme, voir totalitaire. Je répondrais alors, que pour le côté totalitaire, ça se fait très bien dans les concepts d'état-nation. Une nation mondiale peut évidemment être régit par un régime totalitaire, tout comme une nation pas mondiale d'ailleurs. Ce n'est pas une question d'état nation ou pas, c'est une question d'oppresseur et d'opressés (oui, c'est un néologisme, je sais !). En ce qui concerne les spécificités culturelles, rien n'empêcherait, hors régime trop totalitaire, au sein d'une nation mondiale de continuer de manger les spécialités de chez vous. 

 
Le problème ici, est que les nations arrangent bien la mondialisation actuelle, au service des profits des pays riches sur l'exploitation des pays pauvres. 
 
Les frontières permettent de jouer avec les devises, les droits des peuples qui divergent, des salaires différents. On fait travailler des enfants sans quasiment les payer, pour qu'il fabriquent à moindre coût des produits que les occidentaux achèteront au final quand même très cher. La marge est donc énorme, ceux qui en profitent sont au pouvoir, font parti des élites dirigeantes des états- nations. Ils n'ont donc pas intérêt à ce que les choses changent. Pour se faire, de par leur pouvoir de diffusion, de dissuasion et de propagande médiatique, ils martèlent une sorte de culte de la nation, une religion de l'état, un patriotisme exacerbé, afin que les nationaux imaginent le moins possible des alternatives de fonctionnement en société. Au contraire, les gens peuvent devenir de farouches défenseurs de leur nation, de l'état qui les représente, de son régime politique totalitaire estampillé démocratique, de sa liberté d'expression toute relative...  Les états nations me semblent faire partie des murs qui séparent les esclaves entre eux. Ils maintiennent les personnes emprisonnées de ce concept pensé par la plupart comme inéluctable. 
 

La déchéance de nationalité serait un concept intéressant s'il était généralisé. Je ne me sens pas français ! Au nom de quoi je me sentirais français ? Au nom de la culture qui s'y diffuse, au nom de son histoire, au nom des allocations que j'y touche ? Parce que je suis né ici, parce que je vis sur ce territoire ? Évidemment, en vivant en France, j'ai, de fait, quelques points communs, qu'ils soient culturels, sociaux, économiques, avec mes concitoyens. Mais sans frontières, j'aurais sans doute les mêmes et estampiller ceci de la marque France me fais une belle jambe. L'histoire de France à ses bons côté, dont certains sont très fier. Pourtant, ils n'ont rien fait, je ne vois pas pourquoi il faudrait être fier de ce qu'on fait d'autres avant nous, à la limite, on en profite après...A quoi bon s'attribuer la gloire d'autrui ? On peut apprécier de bonnes choses qui furent établies avant nous, mais on y sera quand même pour rien dans l'affaire ! A la limite, on pourrait être fier de se battre pour perpétuer ces acquis, mais dans l'ambiance actuelle, il suffira d'une petite peur à la sauce gouvernement, pour chacun baisse sont froc bien comme il faut et se réfugie dans sa tanière pour regarder ce qu'en disent les infos. Et puis, il y a aussi les mauvais côtés de l'histoire de France, ceux qu'on préfère oublier...Dans tous les cas, l'histoire, c'est bien ce qu'on nous en raconte. Quand je vois comme on nous ment sur les actualités, je ne vois pas pourquoi l'histoire échapperait au concept de propagande des dominants. Tout ceci pour dire que ce n'est pas la nation, la nationalité, qui font l'histoire, la culture. Non, ce qui fait cela, c'est ce qu'il se passe, ce qui a pu se passer, ce qui nous a été transmit. L'état nation pourrait exister ou pas, que des choses continueront à se passer (peut-être différemment pour certaines et peut-être que parfois, ça ne serait pas plus mal) et à être transmises malgré tout.

Concernant mes allocations, je serais bien d'accord pour qu'elles ne concernent pas que la France, mais en étant plus pessimiste, on pourrait également envisager une harmonisation indexée sur la Chine et là, on la sentira bien la différence ! Là encore, j'entends les ouvert d'esprits qui diront qu'il faut respecter les spécificités culturelles des pays lointains. Et je répondrais qu'il n'est pas faut qu'il puisse être difficile pour un petit occidental comme moi, de comprendre un contexte et une culture étrangère, qu'il convient de ne pas céder à l’ethnocentrisme colonial...Après si c'est pour justifier qu'on s'achète des T-shirt moins cher sur le dos du travail des enfants et des conditions de misère...C'est un tout petit peu juste comme raisonnement.

L'état-nation, la nationalité, sont un style d'organisation des personnes au sein d'un territoire. C'est comme une forme de boite ou l'on range des choses. Une boite ne fait pas de mal en soit, à moins d'enfermement de choses qui ont besoin de plus d'air et de plus de lumière à l'intérieur. Le problème que je dénnonce ici, est le fait de transformer une simple boite, une simple organisation des personnes sur un territoire, en une sorte de croyance, de religion, de fait inéluctable tout comme la couleur du ciel, ou les plumes sur les oiseaux. L'état nation, la nationalité sont une création de l'homme, tout comme la religion. Les croyants en la religion diront que non (une invention de dieu..). Les croyants en l'inéluctabilité de l'état nation ne se poseront, la plupart du temps, pas la question qu'il puisse exister d'autres modes d'organisation des personnes sur un territoire. La forme des états nations, organisés derrières des frontières, permet à des sortes de mafias organisées en élites nationales de faire perdurer leur pouvoir et leur contrôle des gens sous leur influence (contrôle social, économique, culturel, éducatif, médiatique...). Ces mafias s'organisent entre-elles, de manière internationales, par le biai d'échanges économiques et commerciaux, d'accords transnationaux, de jeux diplomatiques, de transferts de flux financiers, tout en conservant leur pré carré national. Ainsi, ce qui accentue la richesse et le pouvoir des élites, s'internationnalise, se globalise, se mondialise et ce qui permet le contrôle des peuples sous formes d'enclos nationaux perdure. Les produits, les richesses, l'argent circulent, les hommes, tant qu'ils ne sont pas privilégiés à l'échelle mondiale, c'est à dire des "occidentaux", ou des personnes riches, restent bloqués aux frontière (sauf clandestinité, ou mouvement de masse). Sous l'effet d'une sorte d'appel d'air à pognon, les richesses se trouvant sur les territoires ou vivent majoritairement des personnes pauvres, n'ayant pas le pouvoir de faire partie des hommes ayant la possibilité d'être mobiles, les richesses s'en iront, puisque libres de circuler. Les hommes voulant les suivre auraont plus de mal à passer à travers le filtre de l'aspirateur. Evidemment, les élites de ses pays pauvres, en accord avec les élites des pays riches, toucheront leur part de l'aspiration de pognon et de pouvoir.

 

Les frontières sont nées des jeux de pouvoirs entre les puissants, elles se sont forgées dans le sang et les larmes. (La marseillaise représente bien le phénomène). Les frontières continuent à ne servir qu'aux puissants, délimitant quels peuples appartiennent à qui. Les états sont leur berger, les nations leurs moutons. Profitons de ce sujet d'actualité qu'est la déchéance de nationalité pour remettre en question la nationalité elle-même.

 

Revenons un peu plus en détail sur cette fameuse "marseillaise"...

Question frontière, cette chanson explique bien les choses...

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