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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 13:59

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Absurde

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Le mythe de Sisyphe, c'est un truc assez intéressant. L'histoire, c'est un mec, une sorte d'arnaqueur à la Bernard Tapis, qui à réussi à tromper la mort, elle même. Le gars chargé de lever les corps, Thanatos, vint pour prendre Sisyphe, une fois son heure venu. Sisyphe réussi à l'enchaîner et de ce fait, ne fut pas envoyé au royaume d'Hadès, dieu des enfers. Alors, en enfer, ce fut la panique, plus de mort et il y avait des commandes à terminer, ils avaient besoin de main d'œuvre et plus rien ne venait, personne ne mourrait plus. Hadès envoya alors une sorte d'IGPN, pour voir si c'était l'autre con de Thanatos qui flemmardait ou qui désertait et là, il vit le scandale. Le fossoyeur enchaîné par un mortel, dire que le Thanatos n'aurait pas une promotion de si tôt était un euphémisme... 

Comme le Sisyphe est un petit malin, il s'est arrangé pour que sa femme ne lui organise pas de funérailles corrects, ce qui était une sorte de validation obligatoire de la mort. L'ami Sisyphe réussi à convaincre Hadès de le renvoyer chez les vivants pour qu'il règle le problème. Évidemment, une fois à Corinthe, Sisyphe refusa de retourner dans le royaume d'Hadès et Thanatos, qui au passage avait bien les nerfs, vint le chercher de force pour le ramener, là ou il devait être.

Pour avoir arnaqué tout le monde de son vivant et les dieux quand il fallu qu'il crève, Sisyphe fut condamné à faire rouler un putain de gros rocher en haut d'une colline, puis de le faire redescendre, le remonter, le redescendre, le remonter, le redescendre, le remonter, le redescendre, le remonter, le redescendre...Au bout d'un moment ça saoule, lui c'est perpet qu'il s'est pris à devoir faire ça, à faire un truc qui ne sert à rien, à faire toujours la même chose et que jamais ça ne serve à rien. Voilà ce que j'ai pu aprrendre "vite fait" sur ce mythe sur "Wikipédia", plein de détails manquent, je raconte surement quelques conneries mais l'exactitude de l'histoire n'est pas mon propos ici.

"Dans son premier essai philosophique, le Mythe de Sisyphe, Camus le qualifie d'ultime héros absurde. Il y établit pourquoi la vie, malgré l'absurdité du destin, vaut la peine d'être vécue."
Sisyphe, ultime héros de l'absurde, cette notion me plais, ça veut dire, qu'après lui, il n'y a plus eu de héros de l'absurde...Ça manque, ça me manque, je veux un héros de l'absurde actuel !

Qu'est-ce que l'absurde ? J'en avait déjà parlé dans un article en lien au début de celui-ci. « L’absurde est essentiellement un divorce. Il n’est ni dans l’un ni dans l’autre des éléments comparés, il nait de leur confrontation.L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites. »

Pour Camus, "il faut imaginer Sisyphe heureux ». Sisyphe trouve son bonheur dans l'accomplissement de la tâche qu'il entreprend, et non dans la signification de cette tâche."
C'est un peu comme les gens dans leur quotidien, ils travaillent, mènent leur vie, souvent, sans but précis. Ils ne savent pas pourquoi ils font la plupart des choses qu'ils font, mais ils les font parce que "c'est comme ça", qu'il faut les faire et ils sont souvent heureux de le faire, heureux de travailler, heureux de vivre leur quotidien qu'ils ne comprennent pas, des imbéciles heureux, comme on dit, les ignorants sont bénis...Faire occupe même si on ne sait pas vraiment ce qu'on fait, qu'on ne maîtrise pas ce qu'on fait, on le fait, on est actif, on fonctionne, la plupart des gens vivent comme ça. Leur vie est terne et monotone, chiante, ils ne sont pas vraiment heureux, souvent, ils s'en persuadent. Selon Camus, Sisyphe à conscience de l'absurdité de sa condition et c'est pour cela qu'il fait et que faire le rend heureux.

« Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »
Camus fonde sa théorie tout comme Dostoïevski et Kafka, sur le fait que "le bonheur revient à vivre sa vie tout en étant conscient de son absurdité, car la conscience nous permet de maîtriser davantage notre existence." On peut vivre une vie absurde et être heureux en en ayant conscience, prendre du recul par rapport aux buts rationnels imposés de notre vie, sa raison d'être. La conscience de l'absurdité fait prendre du recul sur notre propre condition, en voyant les choses dans leur plus grande entièreté, en les voyant de plus loin, en faisant preuve d'un certain détachement, on les comprend mieux, on panique moins à la vue d'une chose qui pourrait nous contrarier. La vie est absurde, en avoir conscience est aussi accepté le fait que des choses puissent nous contrarier et que l'on continue à les subir, si la vie est absurde, c'est normal que l'on ne comprenne pas tout. Après, rien n'empêche de tenter de rendre les choses autrement plus absurdes que l'absurdité actuelle, rien n'empêche de vouloir changer les choses puisque, de toute façon, les choses changent. Elles restent aussi les mêmes, Sisyphe roule sa pierre en roulant sa bosse et nous faisons de même. On peut continuer à faire monter sa pierre au sommet de la colline avec un autre état d'esprit. Tout change si l'on imagine Sisyphe subissant sa punition ou, comme Camus, Sisyphe heureux dans l'accomplissement de la tâche qu'il entreprend.

"Le héros absurde fait face à l'absurdité de la vie. Il va même jusqu'à l'apprécier, recherchant toujours la même flamme, la même passion qui l'anime, comme le fait Don Juan en recherchant toujours cette première passion de femme en femme."
"Le fait de « vivre le supplice de Sisyphe » signifie que l’on vit une situation absurde répétitive dont on ne voit jamais la fin ou l’aboutissement."
"Camus entend montrer que la révolte est le seul moyen de vivre sa vie dans un monde absurde. Cette révolte est plus importante dans le fait de se révolter que dans les causes défendues en elles-mêmes."

Prendre conscience de l'absurdité de la vie est le premier pas vers la révolte. On confronte un idéal établit avec l'absurdité de cet idéal, on s'ouvre de ce fait à autre chose, on se révolte. Révoltons nous !

 

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Published by GUSTAVSON's BLOG - dans Philosophie
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