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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 15:37

concert17juillet01

 

Tous des PD

ON IRA TOUS EN GERIATRIE : LA CHANSON (et son lien daily motion...)

 

Un concert, 4 personnes puis 20 ou peut-être 30, pas de quoi faire un slam, mais une ambiance intimiste des ondes qui passent un message déposé, vomis à la figure d'un public proche, "je vous emmerde, je vous emmerde", voilà la fin des paroles de la première chanson, concept intéressant et ils reprennent, les gens et ils ont raison, ça ne s'adresse pas forcément à eux mais je les regarde quand même parce que ce sont eux qui sont là, les élitistes culturels sont ailleurs, peut-être au Lavo tour, non c'est pas encore, ils sont au Molodoi et s'éclatent entre petits bourges qui croient être dans une salle alternative...Ça c'était dans le temps.

Dans le roots j'y suis, précisément, je vais vous raconter l'histoire de Roberto le clodo qui allait devenir malgré lui, la star de ce concert. Roberto, je l'ai vu quand je suis arrivé avec mes instruments, il tapait sur une batterie avec un sens du rythme qu'il devait être le seul à avoir. Ça me faisait marrer, au début, ça me faisait marrer, il avait l'air gentil mais peu sobre, il puait l'alcool et comme il était affectueux, on le sentait bien qu'il puait l'alcool. Je faisais les balances, j'installais le matos, je réglais les volumes et Roberto, il tapait comme un malade sur sa batterie, il n'arrêtait pas, j'avais du mal à me régler mais j'ai finis par le faire tant bien que mal.

 Déjà, on lui dit de partir, de me laisser me régler, mais il revient inlassablement vers cette batterie. Là, il commence à peine à me saouler. Moi, j'ai pas dormis la veille, j'ai répété avec mon groupe de rock, je suis crevé, je pourrais m'allonger par terre et dormir. Je me shoote au café, au Red Bull pour tenir. Je pense que je vais être flegmatique durant le concert, voire un peu mollasson parce que crevé, pense tu ! C'est tout le contraire qui est arrivé !

Je commence, je joue, la première chanson dont j'ai parlé, puis d'autres, les gens arrivent, je continue et Roberto revient. Dans mes concerts, les entre chansons sont aussi importantes que les chansons elles mêmes, j'ai besoin de ces moments pour voire à qui j'ai à faire en face, jouer avec les gens, les introduire dans mon univers, si on ne me laisse pas ces moments, on rate la moitié du concert. Ça m'est déjà arrivé qu'avec le groupe, les zicos partent rapidement entre les chansons et ne me laissent pas le temps de poser les choses mais là, je joue seul, pas de musiciens pour m'emmerder mais Roberto, à lui seul fera bien pire. Au début, je l'ai pris à la rigolade, je jouais avec lui et faisais marrer les gens. J'adaptais alors ma playlist, l'orientant vers les chansons parlant d'alcool, en hommage.

Puis d'autres chansons et Roberto revient, il veut prendre ma guitare, mon micro et jouer, c'est le genre de truc que j'ai déjà fait à la fin d'un concert mais pas là, en plein milieu ! Plus les chansons passent et plus l'ami Roberto devient insistant, les gens commencent à être gênés et moi énervé. Après ma dixième chanson, inévitablement interrompu par Roberto le clodo, je m'énerve, suis claire, lui dit de dégager et là, un de ces péteux fréquentant les soirées du Molodoi, qui vient d'arrivé, me dit, "faut pas le prendre comme ça, ça sert à rien", gros con ! Donc je lui explique que ce qu'il a vu une fois c'est répété depuis le début et que vu qu'il venait d'arriver, le mieux était qu'il ferme sa gueule. On était arrivé à un moment ou il était très maladroit de m'énerver plus que je ne l'était déjà. J'étais sorti de mon trip, de mon concert et j'étais rentré dans un autre trip, bien plus sombre, bien moins festif. J'ai encore fait quelques chansons mais je n'y croyais plus et Roberto continuait à m'interrompre, j'étais sidéré, je regardais les gens sans rien dire mais les suppliants du regard de faire quelque chose, je n'en pouvais plus, j'allais péter un plomb.

 Je finis par leur expliquer que si je devais lâcher ma guitare pour virer Roberto, ça allait finir par un bain de sang, ce qui était la simple vérité, je m'accrochais à ma guitare mais des visions de violence s'étaient emparées de moi. Une envie irrépressible de lui sauter à la glotte et de l'arracher avec les dents m'est venu, je le voyais s'approcher et cette pulsion de sentir son sang qui coule dans ma gorge montait jusqu'à prendre mon corps tout entier. Et les gens lui parlant comme à un gamin, tout gentils, "tu sais Roberto ça n'est pas bien, il faut le laisser jouer", des brebis happy face sortis du monde des bisounours... En face ils avaient un psychopathe et ils ne s'en rendaient pas compte.

 

Heureusement je n'ai jamais lâché ma guitare, jamais haussé le ton et j'ai fini mon concert tant bien que mal. Ça faisait des années que je n'avais pas eu ces pulsions de violence et je ne m'attendait pas à les avoir dans cet endroit que j'aime bien, entouré de gens que j'aime bien. Il a fallu qu'on m'emmerde vraiment énormément, plus que le supportable, pour que ça revienne. Ça m'a rendu triste mais ça reste une expérience, même si elle fut dure à avaler sur le coup, elle reste enrichissante. Je n'ai pas été victime de mes pulsions, du moins, dans l'action, alors je ne finirais pas mes jours en prison et l'endroit ou j'ai joué ne sera pas obligé de fermer ses portes à cause de ce qui aurait pu arriver. Mais ça aurait pu arriver, je pense que si j'avais été dans cette même situation plus jeune, plus énervé, avec moins d'expérience de la vie, ça serait arrivé. Il ne faut pas m'emmerder, personne ne m'emmerde en frontal, je l'interdis et quand, dans une situation ou je peux moins me défendre, dans un concert ou chez moi, on m'emmerde, c'est le clash assuré, ailleurs, je garde plutôt mon calme, en général.

 Voilà, c'était mon 22eme concert depuis 2010, que des concerts avec moins de 100 personnes, des concerts qui forgent une expérience mais qui, pour la plupart, son loin d'être transcendants. Je vais surement continuer à en faire quelque-uns, mais mon salut ne passera certainement pas par là. L'originalité que j'ai, qui se trouve dans mes textes, dans mes messages sera bien plus mise en valeur par l'image. Avec un ingé son, un vidéaste motivé et créatif, il y a des choses très intéressantes à faire... Les concerts interrompus par des clochards bourrés, ça n'est pas mon truc et ça ne m'apportera pas grand chose...

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Published by GUSTAVSON's BLOG - dans Articles "quotidien"
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commentaires

lizagrèce 09/02/2011 08:15


Oui! heureusement que tu as pu te contrôler !!!
Je trouve ton récit courageux, car peu de gens admettent qu'ils ont des pulsions meurtrières. Les pulsions on en a tous, reste à veiller de ne jamais passer à l'acte...


lizagrèce 08/02/2011 22:51


C'est très dur la scène ! . Tout peut arriver.
On est exposé (e). On s'expose. On le sait bien pourtant que tout peut arriver. Il faut s'attendre à tout. Tout le temps. Rester maître de ses émotions en toutes circonstances ... Pas facile !


GUSTAVSON's BLOG 09/02/2011 08:01



C'est claire, sur le coup j'ai réussi à rester au contrôle mais je n'en pensais pas moins...J'ai trouvé interessant de décrire cette émotion et d'assumer mes pulsions meurtrières. En fait, c'est
plutôt banal comme sentiment, mais la société nous fait les refouler et parfois, certains pètent les plomb et sortent trop de leur corps ce qu'ils ont sur le coeur...Ce qui n'est pas mon cas,
tant mieux pour moi...et pour Roberto.



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